L’EDUCATION AU SERVICE DE LA PAIX, Récompenses et punitions, des armes de guerre

Le XXe siècle a été marqué par l’émergence de la psychologie et d’une pédagogie de plus en plus à l’écoute des besoins de l’enfant. Plus que jamais, L’éducation des enfants est au cœur de l’actualité. En tant que parents, quelle école et type de pédagogie ou d’aide au développement de son enfant, choisir ?

  • L’école en classe traditionnelle
  • L’école appelée « alternative » inspirée par des pédagogues tels Maria Montessori, Célestin Freinet, Jiddu Krishnamurti, Marshall B. Rosenberg, A.S. Neill. Tous conscients de la nécessité absolue d’en finir avec la violence éducative ordinaire, posent les bases d’une relation épanouissante avec l’enfant.

 La problématique du choix de l’éducation à offrir à un enfant, nous entraîne dans ce questionnement, auquel nous tenterons de répondre.

  • L’éducation peut-elle être au service de la paix ou de la guerre ?
  • Quel rôle joue l’éducation reçue dans cette capacité que l’homme a, à entrer en guerre avec sa propre espèce ?
  • Quel rôle joue l’éducation reçue dans cette capacité que l’homme a, à trouver son maître intérieur afin de refléter la paix dans le monde ?

Dans un premier temps, nous verrons la relation de cause à effet entre la manière dont nous éduquons les enfants et les comportements des sociétés humaines, et ses conséquences.

Avant de montrer qu’il existe des solutions à la paix. L’exemple de la pédagogie Montessori est choisi, de par l’enthousiasme qu’elle suscite dans le monde actuel.

  • L’éducation peut-elle être au service de la paix ou de la guerre ?

Tout être humain reçoit une éducation, influencé par son environnement familial, sa culture, son pays. La personnalité de l’adulte en devenir, prendra forme au fil de ses âges. Ses choix et ses valeurs seront véhiculés par l’éducation qu’il aura reçu. La période la plus importante étant celle entre la naissance et 6 ans.

Entre 0 et 6 ans, l’enfant absorbe son environnement sans effort, le bon comme le mauvais. Tout ce qu’il va lui est montré, il va l’imiter, le reproduire. Doté de son esprit absorbant, l’éducation qu’il va recevoir, engendrera sa vie d’adulte. La paix ou la guerre se jouera dans les premières années de sa vie, pour cet adulte en devenir.

L’enfant est donc, pour l’humanité, à la fois un espoir et une promesse. En prenant soin de cet embryon comme de notre trésor le plus précieux, nous travaillerons à faire grandir l’humanité.

  • Quel rôle joue l’éducation reçue dans cette capacité que l’homme a, à entrer en guerre avec sa propre espèce ?

Le système, des récompenses et punitions, a été la base de l’éducation reçue pendant des décennies. Il perdure encore aujourd’hui, comme une graine qui n’a pas fini de pousser. Dans les entreprises, comme dans les systèmes gouvernementaux, une récompense ou une punition est octroyée, à tout individu qui se soumet ou qui désobéit, à la toute-puissance de celui qui éduque, qui gouverne, qui contrôle.

L’enfant face à l’adulte devient alors un combattant. Luttant contre sa vraie nature, rentrant en guerre contre lui-même et par voie de conséquences contre les autres. Une tâche, un travail, une occupation faite sans amour, ne donne aucune satisfaction pour celui qui l’accomplit, et donc au fil du temps robotise l’individu lui-même. Laissant la porte ouverte à la frustration, à la colère, à la non vie, et immanquablement à la guerre intérieure qui se reflétera à l’extérieur.

Ce système éducatif a largement contribué à la guerre. Mettant en concurrence les individus les uns contre les autres. Pour être en accord avec l’autorité, l’être humain s’oublie, se fond, et suit la masse ou essaie de sortir du lot, où tous les coups sont permis, pour être remarqué par l’autorité.

L’enfant qui n’a jamais appris à travailler par lui-même, à se fixer des buts pour sa propre action, ou à être maître de lui-même et de sa volonté est reconnaissable dans l’adulte qui laisse à d’autres le soin de le guider et ressent constamment le besoin d’être approuvé par les autres. Une société fondée sur les récompenses et punitions, entraîne les individus à développer une personnalité perverse narcissique. Le chantage affectif, étant étroitement lié aux récompenses et punitions.

  • Quel rôle joue l’éducation reçue dans cette capacité que l’homme a, à trouver son maître intérieur afin de refléter la paix dans le monde ?

Nous devons nous éduquer, si nous voulons éduquer. L’esprit absorbant de l’enfant ne se limite pas à l’apprentissage du langage. Il l’oriente vers l’assimilation de toutes les aptitudes nécessaires à ses besoins quotidiens : se nourrir, nettoyer, s’habiller, s’asseoir, grimper, attraper, reconnaître, mémoriser, assimiler les usages culturels, la courtoisie, etc. Les fondements de la personnalité de l’enfant vont se constituer à partir d’une « simple » absorption de sa culture environnante.

Pour cela, il va falloir que l’adulte lutte contre l’OMBIHUS. C’est-à-dire sortir des préjugés, donner des vrais repères, donner des choix. L’un des dangers les plus menaçants est d’aller, dans l’éducation de l’enfant, à l’encontre des lois de son développement et de l’étouffer ou de le déformer du fait des erreurs des préjugés courants, des préjugés de l’adulte que lui-même aura reçu de son éducation.

L’enfant est propulsé dans la vie. Cet élan vital appelé HORME, l’enfant ne peut l’ignorer. Il est comme poussé à comprendre ce qu’est son environnement, et à entrer dans la répétition, jusqu’à l’acquisition dans son esprit (psychisme) et son corps (corps somatique). Le principe est de rendre possible le travail de l’Horme. Pour cela, il est nécessaire que l’enfant ait la liberté. La liberté de choisir son activité, son travail, ainsi que la durée de son activité. L’autonomie est en marche, menant irrémédiablement à l’indépendance et à la liberté d’être.

Chaque âme qui prend chair, qui s’incarne dans un corps, est comme chargées d’énergies en potentialités comparables à celles des gênes. Telles des NEBULEUSES ne demandant qu’à s’incarner, ces potentialités poussées par l’Horme vont permettre à l’enfant d’acquérir la marche, le langage… etc. et donner naissance à une étoile.

L’âme qui s’incarne est porteuse de la MNEME, c’est la mémoire atavique qui s’inscrit dans le temps et l’espace, celle des générations précédentes mais aussi collectives, ainsi que la mémoire vive de nos expériences. C’est le réservoir de toutes les nébuleuses.

L’âme qui s’incarne est aussi porteuse, et je dirais avant sa naissance de richesses telles que la pleine santé, la tranquillité d’esprit, de choisir des activités qui lui plaisent, d’avoir une attitude mentale positive, la liberté d’être face à la peur et l’inquiétude, et de pouvoir jouir de richesses matérielles selon son choix et dans la quantité qu’elle désire.

L’ENGRAMME laissé par l’éducation reçue pourra tronquer, ou favoriser toutes ses richesses. Lui donner la possibilité de penser par lui-même, c’est lui donner l’occasion de se débarrasser aussi des expériences familiales, collectives qui ont pu engendrer la guerre.

Si l’environnement est intéressant l’enfant est calme, il utilise son Esprit Absorbant. Nous devons apprendre à le comprendre.

La collaboration et coordination de l’Horme, des nébuleuses, de la Mnémé et des engrammes, tout en rejetant l’Ombihus conduit l’enfant à être en contact avec son maître intérieur. Car il possède en lui un programme éducatif qui ne se trompe jamais. C’est nous éducatrices, parents qui devons repérer ce maître intérieur.

Plus que jamais la paix reste à faire. Plus que jamais, peut-être, elle sera dans les prochaines décennies un enjeu de survie de l’humanité. Plus que jamais elle se fera dans la tête des hommes.

Pratiquer la pédagogie de Maria Montessori est un art de vivre, qui nous réconcilie avec nous-mêmes, avec les autres, avec la Nature, la Vie, l’Amour, l’Univers pour grandir ensemble vers un nouveau monde. L’éducation est la base de la paix, dans le cœur de l’humanité. Maria Montessori, 1ère femme médecin en Italie, en 1896 a su détecter par l’observation, les besoins réels de l’enfant, en créant un environnement préparé, pour permettre la continuité entre la maison familiale et l’école. Elle créa la première « casa dei bambini » en 1907. Et sera nominée par deux fois pour le prix Nobel de la Paix. Cette femme a su démontrer avec brio, l’esprit absorbant que possède l’enfant, dès sa venue au monde. Les périodes sensibles, limitées dans le temps, car de passage entre 0 et 6 ans, qu’il va devoir vivre et traverser, pour :

  • Acquérir la marche, le langage, l’écriture, le soin de sa personne et de son environnement etc.…
  • Se construire à des moments clefs, où l’enfant est prêt à apprendre avec aisance dans la joie et la soif d’apprendre, et de prendre sa place dans son environnement.

Les périodes sensibles sont « le phare » qui va aider l’esprit absorbant de l’enfant dans son environnement.

De la naissance à 6 ans environ, l’enfant traverse 6 périodes sensibles :

  • la période sensible de l’ORDRE (plus ou moins de la naissance à 6 ans)
  • la période sensible de la coordination des MOUVEMENTS (plus ou moins entre 18 mois et 4 ans)
  • la période sensible du LANGAGE (plus ou moins entre 2 mois et 6 ans)
  • la période sensible du RAFFINEMENT DES SENS (plus ou moins entre de 18 mois et 5 ans)
  • la période sensible du DEVELOPPEMENT SOCIAL (plus ou moins entre 2,5 ans et 6 ans)
  • la période sensible des PETITS OBJETS (très courte période au cours de la 2e année)

L’existence et la manifestation des “périodes sensibles” amènent l’idée que ce n’est pas l’âge qui est important mais le moment où l’enfant est vraiment prêt à apprendre avec aisance. Le but de l’éducation est de semer les graines de la connaissance à la bonne saison. Le bon moment pour apprendre est déterminé non pas par le calendrier d’un programme imposé mais par l’observation des besoins de l’enfant.

Maria Montessori, a su créer une ambiance adaptée à l’enfant :

–  par le mélange des âges (qui favorise le développement social)

– par du matériel adapté à l’âge de l’enfant, à sa taille, et à ses cinq sens.

–  par quatre aires de travail, telles que : la vie pratique – sensorielle –  le langage – les mathématiques.

–  et des éducatrices préparées et formées. Leur rôle est exclusivement d’observation, de patience et d’humilité. Connaître le matériel et le présenter d’une manière harmonieuse, suivant le bon moment pour l’enfant, et non suivant un programme défini pour le collectif.

« L’éducatrice doit observer l’enfant, non pas avec l’intention de l’éduquer mais apprendre de lui comment l’éduquer »          Maria Montessori

Se servant de l’éducation comme une aide à la vie, et au service de la paix.

Un enfant normalisé, entraîne le développement social. Il n’a pas besoin du regard des autres pour continuer à développer sa soif d’apprendre. Il n’a que faire de la satisfaction de l’adulte, d’une belle image, de la reconnaissance, d’une médaille ou que sais-je.  Ce qui est important pour lui, c’est de trouver la nourriture nécessaire à son cerveau pour ouvrir toutes les potentialités qui sont en lui, afin qu’ensuite il puisse se spécialiser dans ce qui va lui tenir à cœur. Contribuant ainsi à l’évolution de son espèce.

Un individu doté d’un QI élevé, lui-même, évalué selon des critères donnés par un groupe d’humains, ne sera d’aucune utilité pour sa propre vie. S’il n’est pas autonome et indépendant. Si l’éducation qu’il aura reçue ne lui permettra pas de s’adapter à son environnement.

La pédagogie de Maria Montessori est aujourd’hui en plein essor. L’éducation nationale est à bout de souffle, pour tous ces enfants qui ont soif d’apprendre. Ce sont eux qui nous ont montré le chemin de leur éducation.

Les troubles psychiques, dont souffrent aujourd’hui certains enfants dès les premières années de leur vie, sont dus à deux choses :

–           La malnutrition mentale

–           Le manque d’activité intelligente spontanée.

Il est à noter que l’organisation d’une journée montessorienne est différente d’une journée dans les écoles du système classique.

En favorisant :

Le travail individuel

La répétition de l’exercice

Le libre choix

Le contrôle de l’erreur

L’analyse des mouvements

L’exercice du silence

Les bonnes manières dans les contacts sociaux

L’ordre dans l’ambiance

La propreté et soin de sa personne et de son environnement

L’éducation des sens

L’écriture indépendante de la lecture

L’écriture précédent la lecture

La lecture sans les livres

La discipline dans la libre activité

Un temps de travail de 2H30 sans interruption

En supprimant :

Les récompenses et les punitions

Les syllabaires

Les leçons collectives

Les programmes et des examens

Les jouets et de la gourmandise

La chair du maître enseignant

Les récréations

La pédagogie de Maria Montessori amène l’enfant à l’autonomie et l’indépendance. Suivant les rythmes constructifs de la vie, dont voici les affirmations.

 

Petite enfance

Entre 0 et 3 ans : Aide-moi à être moi-même.

De 3 à 6 ans : Aide-moi à faire par moi-même

Enfance

De 6 à 12 ans : Aide-moi à penser par moi-même.

Adolescence

De 12 à 15 ans : Aide-moi à être avec les autres.

De 15 à 18 ans : Aide-moi à prendre ma place

Maturité

De 18 à 21 ans : Aide-moi à me prendre en charge

De 21 à 24 ans : Aide-moi à m’engager dans la société et à m’y investir.

FAIRE PAR lui-même, PENSER par lui-même et FAIRE POUR lui-même, lui permet de se connaitre, d’exprimer ses besoins et ensuite participer à l’évolution de son espèce. Plus une personne sera apte, à se connaître, à se définir, plus elle sera autonome, et indépendante, sachant gérer et contrôler ses pensées, par les buts qu’elle se sera elle-même fixée

Pour Maria Montessori, toutes ses recherches l’ont conduite à trouver des outils, comme « une aide au développement de l’enfant »

Elle propose une pédagogie active. L’aide apporté au développement de l’enfant, lui permet à son rythme, de développer sa volonté, de se définir, se connaître, et par voie de conséquences de savoir-être, prendre sa place dans la société, développant ainsi le sens social, et participant à la PAIX dans le monde, son environnement, sa famille et lui-même.

CONCLUSION

L’éducation reçue, au fil des générations, nous montrent à quel point, elle a permis la guerre et l’auto destruction, mais en aucun cas n’a créé la paix.

Au fil du temps, nous devons admettre que les gouvernements successifs, n’ont pu, qu’éviter la guerre ou la déclarée, mais en aucun cas, créer la PAIX.

La paix, comme l’avait bien compris Maria Montessori, ce n’est pas la non-guerre.

C’est la capacité à admettre et comprendre la complexité, la capacité à coopérer avec l’autre, l’esprit critique, le sens du compromis, la perception aiguë de l’unité et de la diversité simultanée du monde.

De sortir du langage Chacal comme le dit Marshall Rosenberg, dans son concept de communication non violente, pour parler le langage de la Girafe, c’est-à-dire du cœur. D’exprimer, et de voir ce qui est vivant en soi et chez l’autre. De permettre d’exprimer nos besoins.

La tolérance, la capacité à reconnaître que l’autre est à la fois semblable à moi et digne des mêmes égards, et en même temps radicalement différent et digne du même respect. Ouvrir son regard dans ce qui est vivant chez l’autre, pour rester, soi-même vivant.

Le mot de la fin revient à Maria Montessori.

« On ne peut qu’être frappé par la contradiction suivante : d’un côté, l’homme, poussé par son instinct de préservation de la vie et surtout par sa pulsion à apprendre, sa soif de connaissance, s’est montré capable de démêler de nombreux mystères de l’univers et de découvrir des énergies cachées pour les mettre à son service. De l’autre, ses recherches sur ses propres énergies intérieures laissent une vaste béance : sa maîtrise sur elles est pratiquement nulle. Ce maître du monde extérieur n’a pas réussi à devenir Maître de son propre monde intérieur ».

Genève, 1932

« Aujourd’hui, en cette période particulière de l’histoire, l’éducation prend une importance considérable. Nous insistons de plus en plus sur son utilité pratique, que nous pouvons résumer en une phrase :

« L’éducation est la meilleure arme pour la paix. »

 Copenhague, 1937

 Christ’ine Charet, Haute Savoie, 2018